SERD2020 – Episode 2 : le monde marin contaminé par les plastiques

Dans le cadre de la Semaine Européenne de Réduction des Déchets (SERD), nous publions une bande dessinée “Mer de plastique, marre des plastiques !”. 7 jours : 7 épisodes. Episode 2 : le monde marin contaminé par les plastiques. Des milliers de tonnes de déchets plastiques se répandent chaque jour dans les mers et océans, charriées par les fleuves, expulsées par les conduites d’écoulements, déversées ou perdues par les bateaux ou encore emportées au large par les vagues.

Les macro-plastiques
Les poissons, les oiseaux et les mammifères marins sont directement exposés aux dangers des macro-plastiques flottants : ils se prennent dedans ou les mangent en pensant qu’il s’agit de nourriture. Les emballages, les anneaux en plastique (de canettes) et les cordons, sont particulièrement dangereux et peuvent provoquer des étranglements, des étouffements, des blessures internes ou externes…
De plus, des substances toxiques comme le PCB ou le DDT s’accumulent dans les déchets flottants, si bien que les animaux consomment non seulement le plastique en lui-même, mais aussi des concentrations élevées de ces composés toxiques.

Les micro-plastiques (de 0,5 à 5mm)
Les micro-plastiques sont présents dans tous les environnements aquatiques à travers le monde où ils constituent une sorte de smog à la manière de celui qui enveloppe les grandes villes.
Dans les zones d’accumulation, la concentration de micro-plastiques observée est comparable à celle du zooplancton. La Méditerranée, par exemple, présente des ratios micro-plastiques/zooplancton entre 1/10 à 1/2. Le risque pour les prédateurs du zooplancton (comme certains poissons) d’ingérer du micro-plastique est donc considérable. Le temps de résidence du plastique dans de petits poissons pélagiques est évalué entre 1 jour et 1 an. Les fragments de micro-plastiques ingérés sont retrouvés dans les déjections des animaux, ils peuvent couler avec les cadavres ou encore être transférés aux prédateurs et ainsi atteindre les échelons supérieurs de la chaîne alimentaire.
Il existe cinq zones d’accumulation massive de micro-plastique dans le Monde. Les scientifiques les appellent des «gyres». Ils sont dus aux courants de surface des océans qui poussent les plastiques à s’accumuler dans ces zones. 94 % des morceaux mesurent de 1 à 5 mm.

Zoom sur la mer Méditerranée
C’est l’une des mers les plus polluées au monde. Les quantités de déchets plastiques qui y sont déversées sont considérables : entre 150 000 et 500 000 tonnes de déchets plastiques arrivent en mer chaque année, ainsi qu’entre 70 000 et 130 000 tonnes de micro-plastiques.
Les quantités de micro-plastiques présentes en Méditerranée sont du même ordre que dans les cinq gyres océaniques : alors qu’elle représente moins de 1 % de la surface maritime mondiale, cette mer recueille environ 7 % des micro-plastiques.
Cette pollution marine est due pour l’essentiel à une mauvaise gestion des déchets et aux produits plastiques à usage unique qui sont très répandus dans les localités côtières. À noter que la quantité de déchets plastiques qui finissent dans la mer augmente de 40 % pendant la saison estivale, soulignant le lien direct entre industrie du tourisme et pollution due au plastique.

« Si rien ne change, les océans contiendront plus de plastique que de poissons (en poids) en 2050 »

Rapport de la Fondation Ellen MacArthur

Pour aller plus loin :

La dégradation des plastiques en mer (2014)
Regard d’écotoxicologues sur la dispersion et la dégradation des plastiques en mer.

Des polluants présents sur les micro-plastiques affectent le développement de jeunes poissons (2020)
Étude qui révèle les effets délétères sur le développement d’une espèce de poisson marin de substances chimiques véhiculées par des micro-plastiques.

Rendez-vous demain pour l’épisode 3/7 !